Lunettes progressives et mal de nuque : quand vos yeux décident de la position de votre tête
En bref : avec des verres progressifs, la zone qui voit net à la distance d’un écran se trouve dans le bas du verre. Si l’écran est placé à hauteur des yeux, comme le recommandent la plupart des guides, vous relevez le menton pour lire, et votre nuque reste en extension des heures durant. La gêne en fin de journée vient souvent de là, pas d’un manque de tenue. Baisser l’écran, ou demander des verres pensés pour l’écran, règle une bonne partie du problème.
Les verres progressifs ont une qualité rare : ils permettent de lire un menu et de reconnaître quelqu’un au fond de la salle sans changer de lunettes. Ils ont aussi un défaut que personne ne mentionne au moment de les choisir. Devant un écran d’ordinateur, ils peuvent pousser la nuque dans une position qu’elle tient très mal sur une journée de travail.
Si vous télétravaillez avec des progressifs et que la base du crâne serre en fin d’après-midi, cette piste mérite cinq minutes.
Votre tête suit vos yeux, pas l’inverse
Si une ligne de texte est floue, votre corps cherche, sans vous demander votre avis, la position où elle devient nette. La nuque suit.
Un verre progressif est découpé en zones, de haut en bas :
Le verre part du principe que ce qui est proche se trouve plus bas que le regard, comme un livre sur les genoux.
Or la plupart des conseils d’ergonomie demandent de placer le haut de l’écran à hauteur des yeux. Pour quelqu’un qui porte des verres simples, c’est raisonnable. Pour un porteur de progressifs, l’écran se retrouve alors en face de la zone de vision de loin, où il apparaît flou. Pour le voir net, il faut le regarder à travers le bas du verre, donc relever le menton. Une fois, ça ne coûte rien. Sur sept heures, c’est une autre affaire.
Ce que fait la nuque quand le menton monte
Relever le menton en gardant les yeux sur l’écran, c’est basculer la tête en arrière sur le haut du cou. Les petits muscles situés juste sous l’arrière du crâne se raccourcissent et travaillent en continu pour tenir cette bascule. Le résultat se reconnaît facilement :
Le couloir intermédiaire du verre est étroit. Pour lire le bord d’un écran large, ou un second écran, on tourne souvent la tête au lieu des yeux, parce que les côtés du verre déforment l’image. La nuque ajoute alors de la rotation à l’extension. Si cette gêne s’installe plutôt entre les omoplates, l’article sur la douleur entre les omoplates en télétravail décrit un autre mécanisme, lié aux bras.
Le test du miroir
Installez-vous comme d’habitude, ouvrez un document et lisez quelques lignes. Demandez à quelqu’un de vous regarder de profil, ou prenez-vous en photo avec le téléphone posé sur le côté.
Si votre menton pointe vers le haut et que votre visage n’est plus vertical, vos verres pilotent votre nuque.
Accorder l’écran aux verres
Le principe est simple : amener l’écran là où vos verres voient net à cette distance, plutôt que d’amener votre tête là où l’écran se trouve.
Baisser l’écran. Pour un porteur de progressifs, le haut de l’écran gagne à se trouver nettement sous la ligne des yeux, de façon à ce que le regard descende vers lui tandis que le visage reste vertical. Inclinez aussi l’écran légèrement vers l’arrière. Ce conseil va dans le sens inverse de celui donné aux utilisateurs d’ordinateur portable, dont l’écran est en général trop bas (voir mal de nuque et ordinateur portable). Les deux ne se contredisent pas : la bonne hauteur dépend de vos verres.
Rapprocher l’écran, ou grossir le texte. Plus le texte est petit, plus on cherche la zone la plus nette du verre, et plus la tête bouge pour la trouver. Augmenter le zoom d’affichage à 125 ou 150 % évite souvent ce réflexe.
Tourner l’écran plutôt que la tête. Si vous travaillez sur deux écrans, placez celui que vous regardez le plus juste en face de vous, et le second dans le prolongement, pas loin sur le côté.
Et si le problème venait des lunettes ?
Les progressifs « de tous les jours » sont un compromis entre toutes les distances. Pour qui passe l’essentiel de sa journée devant un écran, il existe des verres conçus pour l’intérieur et le bureau, avec une zone intermédiaire beaucoup plus large. Certaines personnes utilisent aussi une paire dédiée à l’écran, à côté de leurs progressifs.
Deux situations reviennent souvent :
Le choix des verres relève de votre ophtalmologiste et de votre opticien. Dites-leur combien d’heures par jour vous passez devant un écran et à quelle distance : c’est l’information qui leur permet de proposer la bonne solution.
Quand consulter
Une nuque tendue par un poste mal réglé s’améliore en général en quelques jours une fois l’écran ajusté. Consultez un médecin rapidement si :
Ces signes ne relèvent pas d’un réglage d’écran. Et si la gêne persiste plusieurs semaines malgré un poste corrigé, un bilan permet de voir ce que la nuque a accumulé entre-temps. La page sur la trapézalgie explique comment l’ostéopathie peut accompagner ces tensions du cou et des épaules.
Questions fréquentes
Prendre rendez-vous
Si votre nuque reste douloureuse malgré un écran mieux réglé, je vous reçois à Nice, près de la place Masséna ou de la gare Thiers.
ou par téléphone au 06 80 61 15 62.
